Conclusion du discours d’Aurélie Filippetti pour l’audiovisuel Public

Conclusion du discours d’Aurélie Filippetti
ministre de la Culture et de la Communication
prononcé le 24 juillet 2013 lors de l’examen à l’Assemblée nationale du projet
de loi sur l’indépendance de l’audiovisuel public

Cette loi est donc un socle qui va permettre, en renforçant la légitimité, l’indépendance à
la fois des présidents de l’audiovisuel public et du CSA, de bâtir désormais un audiovisuel
tourné vers l’avenir. L’indépendance nous la voulions tout de suite, maintenant, parce
qu’elle est à la base de toute réforme possible de l’audiovisuel public.
J’ai eu l’occasion devant vous, et aux assises de l’audiovisuel le 5 juin, d’indiquer que des
concertations sont nécessaires pour poursuivre l’adaptation du cadre juridique de la
régulation audiovisuelle de ce secteur, liées notamment à l’essor des terminaux
connectés à Internet.
Les débats des assises de l’audiovisuel le 5 juin ont permis de constater un besoin de
réforme globalement partagé, d’identifier les mesures envisageables, et d’enclencher des
expertises et les concertations nécessaires. Des assises de la radio se tiendront fin
octobre avec le même objectif.
C’est après des échanges nourris avec les professionnels de l’ensemble du secteur, selon
la méthode de concertation qui est celle de tout le Gouvernement, que nous pourrons
examiner ce qu’il conviendra de faire en terme :
– de régulation des contenus audiovisuels sur internet,
– de soutien à la création sur tous les supports de diffusion,
– ou encore d’organisation du partage de l’espace hertzien entre la télévision
et la téléphonie mobile.
Mais, encore une fois, nous avons choisi aujourd’hui de présenter un projet de loi très fort
sur l’indépendance de l’audiovisuel parce que c’est la base sur laquelle fonder une
régulation moderne des médias dans une grande démocratie. L’audiovisuel est à l’image
d’une société. Il en révèle les failles, les faiblesses, les solutions.
Cette réforme va permettre pour la première fois, de créer autour de la question de
l’indépendance, un climat de confiance et de responsabilité partagée entre majorité et
opposition comme garant de l’indépendance de l’audiovisuel public et de l’instance qui est
chargée de cette indépendance, le CSA.
Je souhaite donc que ce texte soit l’occasion de faire mûrir nos institutions, de les faire
évoluer, de faire enfin justice à ceux qui pendant 4 années ont souffert d’un soupçon qui
entachait leur mandat et l’exercice de leurs fonctions.
Je voudrais pour terminer, saluer les équipes de l’audiovisuel public qui mènent un travail
difficile, délicat, mais ô combien indispensable. A l’heure d’Internet, à l’heure des
informations en flux continu, à l’heure où nos concitoyens sont soumis à des images, des
informations venues d’autres canaux, qui ne sont ni sourcées, ni éditorialisées, ni
vérifiées, il est plus que jamais nécessaire de défendre une conception exigeante de
l’audiovisuel, une conception qui corresponde à la haute image que nous nous faisons de
la démocratie française.
Nous devions commencer par cette loi parce qu’elle est la condition première de la liberté
d’expression, elle la protège et la préserve. Souvenons-nous, comme disait Hugo, qu’
« aucun des soupirails par où s’échappe la liberté de l’intelligence ne peut être fermé sans
péril ».
Je vous remercie.

facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Vous pourriez aussi aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »