L’INAUGURATION DE LA CITE DES ARTS

L’INAUGURATION DE LA CITÉ DES ARTS

Première commande publique en Europe de l’architecte japonais Kengo Kuma, et premier édifice culturel national de cette importance à être labellisé « BBC Effinergie », la Cité des Arts sera inaugurée le 5 avril prochain à Besançon 

Le projet et ses acteurs

L’origine du projet

En 2006, à l’initiative de Raymond Forni, alors Président du Conseil régional de Franche-Comté, et de Jean-Louis Fousseret, Maire de Besançon et Président du Grand Besançon, trois collectivités (la Région, le Grand Besançon et la Ville) se sont associées pour construire ensemble la Cités des Arts.

Vouée à devenir un véritable pôle culturel et touristique, la Cité des Arts abrite le Conservatoire à rayonnement régional (CRR) et le Fonds régional d’art contemporain (Frac), regroupant ainsi dans un même espace deux structures prépondérantes du paysage culturel franc-comtois.

L’envergure de ce pôle culturel doit placer Besançon sur le devant de la scène culturelle régionale et conférer à la Franche-Comté une vraie visibilité nationale en :

favorisant l’accès du plus grand nombre à l’offre et aux pratiques culturelles et artistiques,

– en soutenant la création et la recherche dans les différents domaines des arts et de la culture.

Les acteurs

La Cité des Arts est réalisée en maîtrise d’ouvrage conjointe par :

le Conseil régional de Franche-Comté pour le Fonds régional d’art contemporain,

– la Communauté d’agglomération du grand Besançon, pour le Conservatoire à rayonnement régional,

la Ville de Besançon pour l’aménagement du site de l’ancien port fluvial et le mur de protection contre les crues.

Le projet est également soutenu financièrement par l’Etat, l’Europe, la DRAC de Franche-Comté, le Conseil général du Doubs et l’ADEME.

 La reconquête d’un territoire

Restructuration et valorisation urbaine

La Cité des Arts vient magistralement s’inscrire dans son territoire. Elle bénéficie en effet d’un cadre exceptionnel : située tout à la fois dans le cœur historique de Besançon, en entrée de ville, au pied de la Citadelle Vauban et le long du Doubs.

 

Nichée au sein du quartier des Prés de Vaux, sur une ancienne friche industrielle de vingt-cinq hectares, la Cité des Arts intègre dans sa structure même un bâtiment de l’ancien port fluvial bisontin.

 

Cette reconversion du site des Prés de Vaux s’inscrit dans un cadre plus large de dynamisation et d’élargissement du centre-ville, dans un esprit de valorisation à la fois patrimoniale, naturelle, urbaine et architecturale. L’aménagement de ce quartier est ainsi également dédié aux activités tertiaires et commerciales, à l’habitat ou encore aux activités de loisirs.

 

Le concept de la Cité des Arts : un projet culturel et architectural

 

Une œuvre de Kengo Kuma

 

La Cité des Arts est avant tout une structure remarquable définie par une architecture hors du commun, imaginée et conçue par Kengo Kuma, architecte japonais de talent aux concepts novateurs et caractérisés.

Kengo Kuma a fondé son cabinet d’architecture (Kuma & Associates) en 1990, puis son extension européenne en 2008. Il est également professeur à l’université de Tokyo et décoré de l’Ordre des Arts et des Lettres.

 

Un site d’ouverture et d’expérimentation

 

A travers cet édifice, Kengo Kuma a su créer une architecture emblématique d’une nouvelle génération d’offres culturelles transdisciplinaires, ouvertes et rayonnantes.

Car la Cité des Arts invite à la découverte et à l’expérimentation, au détour de ses formes sculpturales. Elle est aussi lieu d’échanges et de rencontres, incarné par le Passage des Arts, lien symbolique entre le Frac et le Conservatoire, entre la ville et le Doubs, entre le public et la culture.

La Cité des Arts se veut un lieu vivant, convivial et fédérateur (re)visitant le présent, et non pas un musée collectionnant le passé. Elle affirme un lien fort entre l’enseignement artistique et la pratique culturelle.

Le bâtiment est une œuvre d’art en soi, aux multiples jeux de lumières, de formes et de matières, qui embellissent l’espace urbain. Avec ses lignes d’inspiration japonaise, il est à la fois épuré et extrêmement stylisé. La majestueuse toiture paysagère en est une pièce maîtresse, conçue par l’architecte comme une cinquième façade invitant le passant à l’exploration.

Une architecture bercée entre nature et technique

L’architecture du sens

La Cité des Arts bénéficie de la philosophie de Kengo Kuma : son crédo est de donner du sens à la construction, c’est-à-dire de se positionner au-delà des modes ou de l’académisme, d’ « effacer l’architecture » et de révéler l’espace plutôt que de l’emmurer. D’où la récurrence du motif du pixel alternant le bois, l’aluminium et le verre, qui couvre et découvre simultanément les cinq façades de la Cité des Arts.C’est donc un édifice que l’on ne se lassera assurément pas de contempler. La prouesse architecturale réside dans ce mariage finement réussi entre les composantes naturelles et les exigences techniques ou environnementales incluses dans le projet.

L’intégration paysagère

Les aspects naturels se révèlent dans l’utilisation massive d’éléments de bois, mais aussi dans l’implantation de sedums sur la toiture, des végétaux qui filtrent l’eau et intègrent subtilement le bâtiment dans son paysage. Cette apparence est renforcée par le recours au motif traditionnel de l’ichimasu, une forme multiséculaire de damier ornant les textiles japonais.

Les défis techniques

La Cité des Arts accueille deux organismes aux besoins bien spécifiques : le CRR nécessite une acoustique et une insonorisation efficaces et adaptées, tandis que la conservation et la valorisation des œuvres du Frac demandent une gestion de l’air, de la température et de la lumière optimale. De telles exigences requièrent une véritable maîtrise technique ; le résultat est que chaque salle est différente pour répondre aux besoins de l’utilisation qui en sera faite.

L’engagement dans le développement durable : portrait d’une architecture intelligente

 Les pré-requis environnementaux à l’édification de la Cité des Arts sont volontaristes et ambitieux, en concordance avec l’implication de la Région Franche-Comté, de la Ville de Besançon et de l’Agglomération dans les problématiques environnementales, respectivement pour la certification Effinergie et le développement durable du territoire suivant l’Agenda 21. Ainsi, la Cité des Arts est le premier bâtiment culturel de cette importance à s’inscrire dans une démarche HQE (Haute Qualité Environnementale) et de certification BBC Effinergie (Bâtiment Basse Consommation). De même, elle devrait obtenir le label « NF bâtiments tertiaires ». Il faut dire qu’elle dispose de nombreux atouts en faveur du développement durable.

 

Une énergie solaire

 La structure est dotée d’une vaste toiture pixellisée alternant végétation et panneaux photovoltaïques qui couvrent une surface de 1300 m² pour maîtriser sa consommation d’énergie.

… et une énergie « doubienne »D’autre part, le bâtiment est équipé d’une pompe à chaleur, essentiellement consacrée au chauffage mais réversible, qui utilise les nappes phréatiques du Doubs: un procédé en parfaite cohérence avec l’environnement et l’espace urbain dans lequel il s’intègre.

Le renouvellement de l’air est naturel : l’absence de climatisation générale répond au souci de sobriété énergétique, grâce à un plancher rafraîchissant par échange direct avec l’eau de la nappe phréatique.

Cependant, une VMC double flux et des centrales de traitement de l’air ont été installées pour les salles de petite surface ou à forte fréquentation.

Enfin, un procédé de ré-oxygénation et d’épuration des eaux de pluie a été mis en place grâce à un système composé de deux bassins permettant de les rejeter progressivement dans un jardin humide, puis dans la rivière, au lieu de les évacuer dans le réseau de collecte.Un chantier exemplaire

 Le projet de la Cité des Arts a porté dans son ensemble et sur toute sa durée des valeurs et des exigences exemplaires. Ainsi, dès le départ, une « Charte pour un chantier exemplaire » a été intégrée aux marchés des travaux, initiant une dynamique de la qualité qui aura imprimé sa marque sur l’ensemble du chantier.

Formation

Le chantier s’est accompagné d’actions pédagogiques en mettant sur pied une coopération avec le lycée bisontin des métiers du bâtiment Pierre Adrien Pâris.  Plusieurs classes ont ainsi pu suivre des cours « de terrain », consulter les plans et documents techniques et échanger avec les entreprises et les responsables du projet. D’autre part, des formations et qualifications ont été organisées pour les ouvriers du chantier afin de garantir l’atteinte des objectifs du programme, notamment énergétiques et acoustiques. Les conditions de travail des ouvriers ont bien sûr fait l’objet d’attentions particulières, toujours dans cette démarche qualitative.

 

Ouverture

 

Le chantier de la Cité des Arts a entrepris de se montrer communiquant et ouvert, grâce à la mise en œuvre d’outils de partage accessibles à tous. Une Maison du chantier a été créée avec les objectifs de recevoir des groupes (scolaires, techniciens…), former les ouvriers, préparer les visites de chantier et communiquer envers le grand public. Le chantier lui-même n’est pas resté « hermétique » : des encoches dans les palissades ont permis au public de voir le chantier et plusieurs panneaux explicatifs ont été installés pour l’informer. De l’autre côté, depuis le chemin qui longe le Doubs, une simple grille de protection a offert aux promeneurs une vue globale sur le site. Enfin, des visites organisées et des portes ouvertes ont donné l’occasion aux plus curieux de parcourir le chantier en cours d’avancement et de découvrir ses spécificités, en toute sécurité.

 

Environnement

 

Le souci des riverains et de l’environnement est resté constant tout au long des travaux et les différents acteurs se sont efforcés de minimiser les nuisances occasionnées.

– Une politique de gestion des déchets a été mise en place pour les trier et les valoriser.

– Les horaires du chantier ont été pensés pour ne pas gêner les riverains et ont donc été fixés de 7h30 à 19h30 les jours ouvrables.

– Le bruit et le trafic routier afférents aux travaux ont été contrôlés et minimisés.

– Conscients de la valeur du cadre naturel et patrimonial dans lequel s’inscrit la Cité des Arts, les acteurs du chantier ont été soucieux de garder le site propre.

– La circulation a été préservée autant que possible des gênes que toute construction implique ; à la fois pour les modes doux, la halte fluviale et l’avenue Gaulard.

– Pour l’exemplarité, le chantier lui-même a été à basse consommation d’eau et d’énergie.

Préservation

Un mur d’enceinte de Vauban, reliant les deux tours bastionnées Bregille et Rivotte, est enterré sous l’emplacement de la Cité des Arts. Avant la phase de construction, ces vestiges ont été protégés afin de les conserver intacts, car ils font partie du patrimoine mondial UNESCO.

Insertion

Le chantier s’inscrit sous le signe du soutien social et économique. Une clause d’insertion a été intégrée à onze lots de travaux (représentant 19500 heures de travail) pour aider à l’insertion des personnes sans emploi rencontrant des difficultés sociales ou professionnelles. Il aura même dépassé ces quotas fixés.

Les différents espaces en lumière

L’auditorium, avec son plateau de 230 m², peut accueillir jusqu’à 290 spectateurs.

Le restaurant-salon de thé « Le Pixel » est situé au rez-de-chaussée du bâtiment en briques.

 Les salles d’exposition du Frac, de 490 et 100m², ont été aménagées dans l’ancien bâtiment en briques du Port de commerce.

 Les 80 salles d’enseignement du Conservatoire ont toutes été conçues pour un usage spécifique : les matériaux utilisés, les volumes et l’acoustique sont différents et adaptés pour chacune.

 Le centre de documentation regroupe les fonds du Frac et du CRR sur 290 m², soit environ 15000 références accessibles au public en consultation sur place.

Le théâtre de verdure s’étend entre le Bastion Bregille et le bâtiment du Conservatoire, et accueillera des manifestations culturelles.

 Financement

Le financement de la Cité des Arts s’élève à 46,2 millions d’euros

Les hôtes de la Cité des Arts

Le Fonds régional d’art contemporain (FRAC)

Le Frac Franche-Comté, créé en 1982 par le Ministère de la Culture en partenariat avec la Région, est un outil de diffusion et de circulation des œuvres  d’art contemporain. Ce traditionnel « musée sans murs » prend ses quartiers dans la Cité des Arts pour s’inscrire plus profondément dans le paysage culturel du grand public. Sur un même site, le Frac peut aujourd’hui proposer des expositions, trois studios d’artistes, un centre de documentation, une salle de conférences ainsi que des salles de réserve, dans l’objectif d’assurer ses missions dans les meilleures conditions :

 

  • la constitution et la conservation d’une collection régionale représentative de la création artistique contemporaine française et internationale
  • la diffusion de cette collection dans la région, en France et à l’étranger
  • la sensibilisation des publics à l’art contemporain
  • le développement et la mise à disposition d’une documentation sur l’art contemporain
  • le soutien à la création

 

Le Frac Franche-Comté est parmi les premiers Frac à s’installer dans un site propre, conçu par un architecte de renom, avec ceux d’Aquitaine, de Bretagne, du Centre, du Nord-Pas-de-Calais et de la région PACA.

 

A ce jour, le Frac Franche-Comté compte dans sa collection 283 artistes et 546 œuvres. Depuis 2006, il privilégie une orientation qui fait écho à l’identité de son territoire, en explorant la question du temps.

Le Conservatoire à rayonnement régional (CRR)

Le Conservatoire, porté par l’Agglomération du grand Besançon depuis 2006, a véritablement changé « d’ère » en s’installant à la Cité des Arts. Il a quitté le Grenier d’Abondance sur la place de la Révolution, devenu trop étroit et vétuste pour ses quelque 1 780 élèves et 90 professeurs, assistants spécialisés et assistants d’enseignement artistique, répartis sur trois pôles de formation: danse, musique et théâtre. Il dispose à présent de 80 salles d’enseignement, de trois salles de répétition, de studios de travail, d’une salle d’orchestre de 170 m² et d’un auditorium.

Les objectifs principaux du Conservatoire à rayonnement régional sont :

  • favoriser l’éveil des enfants à la musique, la danse, le théâtre
  • développer une pratique artistique et culturelle vivante
  • former des musiciens, danseurs, comédiens amateurs autonomes
  • constituer un noyau dynamique de la vie artistique au sein du Grand Besançon
  • préparer à la vie professionnelle les étudiants en ayant le potentiel.

 

Plus de 40 disciplines sont enseignées et regroupées en départements :

  • formation musicale, vocale et de culture
  • piano
  • cordes
  • cuivres
  • bois
  • percussions
  • instruments polyphoniques
  • musique ancienne
  • voix
  • danse
  • art dramatique.

 

A la formation « classique » s’ajoute une action de sensibilisation en milieu scolaire, engagée dans différents quartiers. Le Conservatoire s’est doté d’un service d’action culturelle qui contribue au rayonnement de l’établissement à travers la Communauté d’agglomération du grand Besançon et au-delà.

Inauguration officielle le 5 avril 2013

L’inauguration officielle aura lieu en présence de Madame Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture et de la Communication, de Kengo Kuma, architecte de la Cité des Arts, ainsi que des élus des collectivités maîtres d’ouvrage et partenaires.

Portes ouvertes les 6 et 7 avril 2013

Samedi 6 et dimanche 7 avril, la Cité des Arts ouvrira ses portes au public au cours d’un week-end riche en spectacles, expositions, concerts et performances artistiques. Les élèves et professeurs du Conservatoire ainsi que les artistes du Frac se mobilisent pour offrir à tous un événement inoubliable et lancer la Cité des Arts dans une dynamique de partage artistique continue

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