L’Adami publie son rapport d’activité 2026

L’Adami

IA : 4000 comédiennes et comédiens tirent la sonnette d’alarme

À la veille de la 51e cérémonie des César, comédiennes et comédiens unissent leur voix face à l’irruption massive de l’intelligence artificielle dans leurs métiers. Soutenue par l’Adami, cette tribune est un cri d’alarme : l’urgence de la situation exige des actes concrets pour protéger sans délais les artistes-interprètes, leur travail et leur identité.

Le 26 février prochain, l’Olympia accueillera la 51e cérémonie des César. Ce rendez-vous incontournable sera l’occasion de célébrer une année riche sur le plan artistique et de rire aux bons mots de Benjamin Lavernhe, maître de cérémonie de cette édition.

Mais il est un sujet à propos duquel nous aussi, actrices et acteurs, n’avons pas envie de plaisanter. Car, l’esprit tourné vers l’avenir du cinéma, nous faisons face à une mutation profonde de notre métier depuis l’arrivée de l’Intelligence Artificielle. Cet outil, extraordinairement précieux pour certains métiers, est aussi une hydre dévorante pour les artistes que nous sommes. 

Pas une semaine ne passe sans qu’un artiste n’alerte sur la concurrence brutale que l’IA fait subir à son travail. Encore récemment, un comédien s’est vu proposer un contrat d’utilisation de son image par l’IA pour la création du nouveau spot publicitaire d’un grand groupe français en remplacement pur et simple de deux jours de tournage. Un pacte faustien… rémunéré 250 euros ! Le clonage de voix sans autorisation de comédiennes et de comédiens devient légion. Encore récemment des plaintes ont été déposées. Le travail d’une actrice ou d’un acteur se résumant alors à ses seuls attributs personnels : une voix, un visage. 

Ce pillage en règle n’est pas du fantasme, c’est ici et maintenant. C’est insupportable et cela se passe sous nos yeux. Et ce sont parfois des centaines d’artistes, moins établis, qui n’ont souvent pas les moyens de refuser un contrat, qui cèdent leurs droits pour l’IA, malgré les risques pour leur image et leur avenir. Au-delà de l’emploi, c’est la nature de la création que nous voulons qui est en jeu. 

Si le public et les professionnels sont inquiets et unanimes, la seule réponse possible est aujourd’hui du côté des politiques. Il est urgent de créer un cadre juridique pour que l’IA puisse coexister avec le travail des artistes et le respect des droits d’auteur et droits voisins. De récentes initiatives législatives montrent une prise de conscience des parlementaires. Nous appelons l’ensemble de la classe politique à se saisir rapidement de l’enjeu du respect des droits des artistes face à cette innovation dérégulée.

Le cinéma français a toujours su s’emparer des révolutions technologiques pour nourrir la création dans le respect du rôle de l’artiste. 

Nous, actrices et acteurs, demandons aujourd’hui et en urgence une réglementation ambitieuse permettant à la France de prendre ce virage numérique sans rien sacrifier ni de son patrimoine culturel ni des artistes-interprètes qui l’incarnent. 

Les premiers signataires :

Swann Arlaud, Maurice Barthélémy, Xavier Beauvois, Bérénice Bejo, François Berléand, Elodie Bouchez, Patrick Braoudé, Rosa Bursztein, Clovis Cornillac, Antoine de Caunes, Jean-Pierre Darroussin, José Garcia, Julie Gayet, Vanessa Guide, Thibault de Montalembert, Charlotte de Turckheim, Emmanuelle Devos, Léa Drucker, Franck Dubosc, Gérard Jugnot, Christophe Lambert, Yvan Le Bolloch, Mimie Mathy, Paul Mirabel, Isabelle Nanty, Linh-Dan Pham, Natacha Régnier, Sonia Rolland, Anne Roumanoff, Bruno Solo, Philippe Torreton, Karine Viard, Mickael Youn…

 

Retrouvez ici la liste complète des signataires de cette tribune.

Retrouvez toute notre actualité sur www.adami.fr
L’Adami accompagne les artistes-interprètes tout le long de leur carrière. De la gestion des droits à l’aide à la création, nous soutenons et défendons leur travail en France et dans le monde.

 

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86 % des artistes-interprètes inquiets pour leur avenir : l’Adami alerte sur la longévité des carrières

A partir d’une enquête* menée auprès de 2730 artistes-interprètes de toutes esthétiques confondues, l’Adami dresse un état des lieux de la longévité des carrières artistiques. Si les parcours s’inscrivent majoritairement dans le temps long, les résultats révèlent une fragilisation croissante des conditions d’exercice, des revenus et des perspectives d’avenir.

Face aux profondes mutations du secteur – révolution numérique, transformation des modèles économiques, précarisation croissante des parcours- l’Adami a mené une enquête auprès des artistes-interprètes afin de mieux comprendre leurs réalités professionnelles et économiques et d’identifier des leviers pour sécuriser leur carrière.

Cette étude met en évidence 3 enseignements principaux :

Des carrières longues, mais de plus en plus fragilisées

L’enquête révèle un paradoxe : 70 % des artistes-interprètes exercent depuis plus de 20 ans, signe d’un engagement durable dans le métier. Pourtant, 1 artiste sur 3 ne vit pas principalement de son métier et 31% des artistes sont contraints d’exercer en parallèle une autre activité professionnelle.

Par ailleurs, 68 % des artistes déclarent une baisse de leurs revenus ces dernières années, traduisant une fragilisation économique structurelle.

Une projection dans l’avenir altérée

La perception de l’exercice du métier s’est fortement dégradée : 80 % des artistes estiment que leur métier est devenu plus difficile qu’il y a cinq ans. Cette évolution pèse directement sur la capacité à se projeter : 86 % des artistes expriment de l’inquiétude, du pessimisme ou un manque de visibilité quant à leur avenir professionnel à moyen et long terme.

Entre nécessité d’entreprendre et attente d’une meilleure rémunération

Pour durer, les artistes identifient des leviers professionnels et structurels clairs. 40 % estiment que le fait d’entreprendre eux-mêmes leurs projets artistiques est aujourd’hui le principal levier de longévité professionnelle.

Dans le même temps, les attentes restent fortes vis-à-vis du cadre collectif :

  • 53 % placent la meilleure rémunération du travail artistique comme levier économique prioritaire,
  • 32 % identifient l’accès facilité et la continuité des droits sociaux (intermittence, santé, retraite) comme le levier clé de stabilité,
  • 37 % attendent en priorité un meilleur accès aux aides et aux soutiens aux projets artistiques.

Lire l’étude complète

« Cette enquête montre que les artistes-interprètes peinent de plus en plus à vivre de leur métier et à se projeter dans l’avenir. Il est urgent de garantir des conditions économiques et sociales qui permettent aux artistes de durer, de créer et de transmettre. C’est un enjeu culturel majeur, et l’Adami continuera de se battre pour un modèle plus juste et plus protecteur. »

Anne Bouvier, comédienne et présidente du CA de l’Adami

*Enquête réalisée en janvier 2026 auprès de 2730 artistes, associés ou non, toutes esthétiques confondues

L’Adami agit pour la longévité des carrières d’artistes

L’Adami met en place une bourse « Parcours d’artistes » pour les artistes associés en activité : destinée à lever des freins ou à passer un cap dans le développement de leur carrière, cette bourse accompagne les artistes dans leurs démarches de visibilité professionnelle, de montée en compétences (formation), de temps de recherche et d’imprégnation artistique, ou encore de développement de la présence numérique. Cette aide peut atteindre 4 000 €.

Plus d’informations sur la nouvelle bourse

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L’Adami publie son rapport d’activité 2024
Des chiffres en légère croissance et une gestion performante

En 2024, l’Adami a collecté 91,7 millions d’euros et réparti près de 68 millions d’euros à plus de 121 000 artistes-interprètes.

L’année a été marquée par une forte mobilisation autour de l’intelligence artificielle générative, la mise en place de nouveaux partenariats structurants et la nomination d’une nouvelle directrice générale gérante, Elizabeth Le Hot.

Découvrez les faits marquants et les chiffres clés de l’année 2024.

La collecte
des droits
91,7
millions d’euros collectés
La rémunération
des artistes
68
millions d’euros directement répartis
à 121 758 artistes
12,7
millions d’euros consacrés à l’action artistique
et culturelle :
→ 1 228 projets artistiques, opérations et partenariats
→ 6 155 artistes aidés
Une organisation
au service des artistes
49 581
artistes associés au 31 décembre 2024
→ 2 533 artistes ont choisi de rejoindre l’Adami
en 2024 pour bénéficier de ses services dédiés.
Des artistes satisfaits
de nos services
90 %
des artistes ayant engagé une démarche
ou contacté nos services à partir
de leur espace personnel en ligne sont satisfaits*
*enquêtes réalisées du 01/01 au 31/12/2024

Les temps Forts

L’intelligence artificielle (IA) générative s’est imposée
comme un sujet central en 2024. Son application
massive dans le champ de la création artistique
a soulevé débats, inquiétudes et mobilisations.
En octobre 2024, l’enquête menée par l’Adami
a révélé que les artistes ont été particulièrement
impactés par l’IA générative : elle exploite leurs
créations, textes, musiques, voix et corps, pour
se nourrir et produire des « œuvres » synthétiques.
Cette situation suscite des interrogations quant
au respect de l’autorisation des artistes pour
l’exploitation de leurs interprétations. Elle exige
un cadre garantissant une rémunération juste
et pérenne en échange de cette nouvelle exploitation
de leur travail.
Face à ces bouleversements technologiques,
34 552 auteurs et artistes ont signé en février 2025
une tribune initiée par l’ADAGP, l’Adami, la Sacem,
la Scam, la SGDL et la Spedidam. Cette démarche
vise à interpeller les participants au 3e Sommet
mondial de l’intelligence artificielle quant
à la nécessité de respecter les droits des artistes
face aux défis posés par l’IA.
Création de LaFA :
une alliance pour
l’audiovisuel français
Les groupes audiovisuels France Télévisions, M6
et TF1, ainsi que plusieurs organisations et syndicats
du secteur, dont l’Adami, ont créé LaFA, la filière
audiovisuelle. Son objectif est d’assurer la pérennité
du modèle de l’audiovisuel français, de favoriser son
adaptation aux évolutions du secteur et de promouvoir
l’exception culturelle française. Elle ambitionne
de défendre un audiovisuel français diversifié,
innovant et compétitif face aux défis technologiques
et économiques actuels. LaFA produira des analyses
sur les enjeux économiques et culturels du secteur,
avec une première étude prévue au printemps 2025.
Un accord qui fait date
La SCPP, société civile des producteurs
phonographiques, et l’Adami ont conclu au mois
de mai 2024, un accord visant à mutualiser leurs bases
de données et leurs outils de répartition des droits
de rémunération pour la copie privée et la rémunération
équitable. Ce projet vise à améliorer l’efficacité
et la répartition des droits de leurs membres en
répondant aux enjeux technologiques et aux attentes
des autorités de contrôle. Une étude évaluera
sa mise en œuvre, ses coûts et ses bénéfices. Chaque
société conservera son indépendance en matière
de gouvernance et de gestion financière.
Une juste rémunération
sur le streaming audiovisuel,
proportionnelle au succès
de l’œuvre
À la veille du 77e
Festival de Cannes et 6 mois
après la grève des actrices et acteurs américains,
7 000 artistes-interprètes demandent l’application
de l’ordonnance du 12 mai 2021, qui garantit
une plus juste rémunération des artistes-interprètes
pour les œuvres diffusées en streaming. Trois ans
plus tard, la loi n’est toujours pas appliquée.
Les artistes continuent de participer à des films
et séries sans percevoir de rémunération
proportionnelle au succès des œuvres. À la suite
de cette tribune des premiers contacts ont été
noués avec les plateformes de streaming audiovisuel
mais un accord est encore loin d’être trouvé.
Une direction renouvelée
Le Conseil d’administration a nommé Elizabeth Le Hot
directrice générale et gérante de l’Adami.
Personnalité bien connue du monde culturel,
Elizabeth Le Hot a plus de 14 ans d’expérience
dans la gestion publique et culturelle. Elle a piloté
des projets clés au Centre national du cinéma
et au ministère de la Culture, dirigé une start-up
de NFT culturels, et travaillé sur l’intelligence artificielle.
Elle rejoint l’Adami pour relever de nouveaux défis
et garantir l’avenir des droits et des rémunérations
des artistes-interprètes.
« Première femme nommée au poste de directrice
générale gérante de l’Adami, ses valeurs, ses
qualités humaines, son sens éminent du politique et
son expertise solide aussi bien dans le domaine du
sonore que dans celui de l’audiovisuel, font de son
arrivée à l’Adami, une opportunité exceptionnelle
pour la défense des artistes-interprètes. »
Anne Bouvier, présidente du Conseil d’administration.

on
Droits nets répartis aux artistes
(en euros)
Total
2023 2024
14 823 334Droits nets répartis aux artistes
(en euros)
Les artistes
et leurs enregistrements
121 758
artistes crédités
→ 42 709 artistes pour la musique
→ 56 461 artistes pour l’audiovisuel
145 124
enregistrements sonores et audiovisuels valorisés
17 891
artistes associés de l’Adami ont perçu des droits
pour l’exploitation de leur travail enregistré à l’étranger.
36 889
artistes membres d’un organisme de gestion collective
étranger ont perçu des droits de l’Adami pour la diffusion
de leurs enregistrements en France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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