Billy Steinberg 26 février 1950 – 16 février 2026 RIP

Billy Steinberg

Billy steinberg

BILLY STEINBERG,
Lorsque j’ai appris hier, c’est une profonde tristesse qui m’a prise. Tant de personnes qui ont compté pour moi disparaissent. Le privilège de l’âge ? En voici un de plus.
Pas des moindres, car Billy n’est pas n’importe qui. Hier, j’avais trop de peine et je ne savais par où commencer. Depuis quelques années, je procrastine, je réfléchis trop. Je crois que je voulais surtout parler de lui sans pleurer.
Il est un de ceux avec lesquels j’ai écris mes plus belles chansons. C’est un des piliers de la pop internationale depuis plus de 40 ans.
De Madonna (Like a Virgin), à Whitney Houston (So Emotional).
De Pat Benatar (Precious Time), à The Bangles (Eternal Flame).
De Cindy Lauper (True Colors), à Céline Dion (Falling Into You).
De Heart (Alone) à Roy Orbison (I drove all night).
Des Pretenders (I’ll stand by you) à…
NATIVE, aussi.
Je voudrais vous faire comprendre, le mieux possible, ce qu’était de travailler avec lui. La magie qui s’opérait au moment où il me tendait un texte à mettre en musique.
C’était en 1996. Dans la perspective de travailler avec nous, il avait sélectionné 3 textes qu’il avait. Des textes qu’il n’avaient pas écrit en pensant à Native. Néanmoins, trois textes qu’il pressenti être parfaits pour nous.
Billy avait un regard malicieux et enfantin au moment où je découvrais les thèmes qu’il voulait nous faire chanter. Comme un jeu, un défi bienveillant dans le regard et généreux, comme la promesse heureuse de ce qui pourrait résulter de notre collaboration.
SOUL FOOD est la première sur laquelle nous avons travaillé ce jour là dans le studio de Rick Nowels. J’ai plaqué le premier accord. Mi mineur7 et la mélodie m’est venue instantanément. En moins d’une journée, la chanson était composée et la maquette faite dans la foulée. Je l’ai réécoutée récemment. C’est magique. On était tous très heureux. Quand ça fonctionne, ça vous donne des ailes, ça vous donne envie d’aller encore plus loin. C’est la première fois que je composais à partir d’un texte et je ne pensais pas en être capable.
Dans mon souvenir d’ailleurs, Billy écrivait ses textes et la musique était composée ensuite. C’est ce qu’il nous avait dit. J’avais si peur que cela s’arrête là, que la magie ne revienne pas. Et pourtant…

Et pourtant, quelques jours plus tard, nous composions à quatre BEAUTIFUL FLOWER. C’est Rick Nowels, que j’embrasse fort, qui avait cette intro de guitare. J’ai pris le texte que me tendait Billy et je me mis à chanter le premier couplet. Comme ça… sans trop chercher. Et là, je me suis retrouvée complètement empêchée de trouver la mélodie du refrain. C’est Chris Mayne qui a dit « mais moi j’entends quelque chose… » Elle fit ce début de refrain que nous allions garder. Je trouvais cette envolée mélodique magnifique. Elle n’avait pas la suite, mais elle avait réussi à débloquer la source. Presque aussi facilement que nous fîmes ensemble Soul Food, Beautiful flower vit le jour.


SAD AS THE SEA. Hier en apprenant, instantanément je chantais cette dernière chanson que nous avions écrite ensemble. Les yeux pleins de larmes.
« Little Darling, I’m so sad, sad as the sea. Since you left me there’s nothing I can do… ».
C’est dans ma chambre de l’hôtel Sofitel Ma Maison, face au Beverly Center, que j’avais réussi à réunir Jon Lind et Billy Steinberg. On avait loué un clavier pour que je puisse travailler et Jon était à sa guitare. Tout le monde avait le trac. Enfin, Jon et moi avions le trac. En moins d’une heure, c’était fait. Je ne sais toujours pas d’où me venait ce flot si limpide et mélodique. Je sais que c’était grâce Billy. À la qualité de ses textes. Jon et moi nous chamaillions sur la phrase mélodique qui liait le couplet au refrain. Rien à faire, je voulais qu’elle soit comme je l’avais décidé. Fichu caractère. Mais on finit par tomber d’accord. Je me souviendrai toute ma vie, lorsque Billy, avec son regard clair et son sourire me dit « Good Job Laura! ».
Cette chanson, par la suite, Billy voulut que Céline Dion la chante. Ce ne fut pas possible, hélas. Le thème de la chanson était trop douloureux. On était déçus, c’est vrai. Mais j’aime à penser que Billy ait estimé que notre chanson fut assez belle pour Céline.
Je n’ai que la version en français à vous faire écouter, adaptée par Pascale Hospital, que son âme repose en paix.

Par la suite, il m’écrivait chaque année pour me présenter ses vœux. Une photo de Ezra, son fils en illustration de ses cartes, des cartes que j’ai gardé précieusement. Je voyais ainsi son fils grandir. Je me disais amusée, qu’un jour, son fils et ma fille se parleraient pour décider quoi faire de nos chansons. ❤️
Plus récemment, c’est sur Instagram que nous échangions. La dernière fois fut au décès de Jon Lind :
« Are you aware that Jon Lind passed away. I was sad as the sea. » 💔
Mon D.ieu…
Ezra, si tu lis cette publication, sache que je suis de tout cœur avec toi et ta famille et que mes prières t’accompagnent. Ton père était plus grand que tout. Un incroyable génie capable de transformer tout ce qu’il touchait en or. J’ai une admiration sans borne pour ce qu’il a accompli. Et je suis reconnaissante d’avoir eu l’occasion de travailler avec lui.
Que sa mémoire bénie t’accompagne toujours ainsi que tous ceux qu’il aimait.
Qu’il nous inspire à tous les plus belles chansons et ainsi de rendre les gens heureux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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