Bonjour ,
Aujourd’hui, nous avons gagné une grosse bataille.
Après cinq ans de lutte acharnée, la Commission européenne vient de trancher : il n’y aura pas de nouveau report de la loi européenne contre la déforestation (RDUE). Une victoire arrachée face à des lobbys surpuissants – et grâce à votre engagement. Je vous raconte.
Tout commence en 2021, quand la Commission européenne propose quelque chose d’historique : interdire d’importer des produits comme le soja ou l’huile de palme s’ils ont causé la destruction de forêts. C’est une première : fini les engagements volontaires, place aux obligations légales.
En 2023, la loi est adoptée. On jubile… mais on sait aussi que le travail ne fait que commencer. Dès 2024, sous la pression des lobbys, elle est reportée d’un an. Puis en 2025, rebelote : nouveau report, modifications du texte, et une obligation de « simplifications » en 2026.
ON DÉBARQUE À BRUXELLES POUR CONTRER LES LOBBYS
Contre nous : le lobby du cuir, des éditeurs (qui ont même obtenu l’exclusion du papier imprimé !), les filières agricoles et forestières allemandes et autrichiennes, la pression diplomatique des États-Unis, de l’Indonésie et de la Malaisie.
En avril, moment clé de l’examen de la loi par la Commission européenne, nous avons fait ce que nous savons faire : mobiliser.
On a d’abord préparé le terrain : des milliers d’entre vous ont envoyé des messages à la Commission européenne pour lui signifier qu’un nouveau report et une simplification de la loi était inacceptables. Une semaine avant la date fatidique, nous sommes montés à Bruxelles pour projeter un message XXL sur la façade de la Commission européenne. Et le lendemain, nous étions encore là, au pied de leurs bureaux pour parler aux décideurs et leur distribuer un journal dépeignant deux futurs possibles : celui d’une Europe qui cède aux lobbys, et celui d’une Europe qui tient ses engagements pour les forêts.
La vidéo vaut le détour !
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Une semaine plus tard, le verdict est tombé, et c’est une bonne nouvelle ! La Commission a tranché : la loi ne sera plus reportée, et son contenu ne va (presque) pas être modifié.
DANS SIX MOIS, TOUT VA CHANGER (SI ON NE LÂCHE RIEN)
À partir du mois de janvier prochain, si la loi s’applique pleinement : café, cacao, bois, soja, huile de palme, viande, caoutchouc – tous ces produits devront être garantis sans déforestation. Les entreprises devront tracer leurs matières premières jusqu’à la parcelle d’origine.
Le potentiel est immense : 8 millions d’hectares sauvés en dix ans, et plus de 2 milliards de tonnes de CO₂ évités soit deux fois les émissions annuelles du transport aérien mondial !
UN DERNIER COMBAT À MENER
Mais il y a un mais… Le cuir pourrait être exclu de la loi par la Commission européenne. Or l’élevage bovin est l’une des premières causes de déforestation en Amazonie, dans le Chaco et le Cerrado. En important ce cuir, l’Europe est directement liée à la destruction de 50 000 hectares d’écosystèmes chaque année.
La décision n’est pas encore actée. Nous avons un mois pour l’en empêcher, via une consultation publique – pour l’instant investie uniquement par les représentants du secteur cuir.
Vous pouvez y participer ! Deux points essentiels à souligner dans votre réponse : le cuir est une source majeure de déforestation trop souvent ignorée et son inclusion dans la loi est un levier indispensable pour transformer les filières bovines d’Amérique latine.
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Les lobbys ne lâcheront pas. Nous non plus.
Merci à vous pour votre soutien – c’est grâce à vous que nous pouvons être indépendants financièrement et maintenir la pression dans la durée sur les décideurs.
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Klervi Le Guenic
Chargée de campagne forêts tropicales
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