CINEMATHEQUE Française infos
CINEMATHEQUE Française infos

| Nos 90 ans en 180 films
1ère partie du 16 septembre au 29 novembre 2026 à la Cinémathèque française
Toutes les séances à 1 euro pour les moins de 26 ans |
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C’est l’une des récréations cinéphiles les plus partagées au monde : la liste, la compilation, comme manière de récapituler ses films favoris, mais surtout d’affirmer un goût et de le partager avec le reste du monde. Au temps de Letterboxd et des milliers de tops, qu’ils soient personnels ou institutionnels, celui-ci a surtout été pensé comme une proposition, une invitation à revoir quelques-uns des plus beaux films du monde dans les meilleures conditions imaginables. Et pourquoi ne pas se constituer une petite histoire du cinéma à moindre coût, puisque les séances sont à 1 € pour les moins de 26 ans ?
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Chantons sous la pluie de Stanley Donen (1952)
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| NOS 90 ANS EN 180 FILMS | |||||
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Il nous aura fallu du temps, et un anniversaire à célébrer comme prétexte, pour sacrifier à notre tour à l’épuisante manie des listes, au toc des tops. Cela fait pourtant quelques années qu’à nos habituelles et complètes monographies de cinéastes est venue s’ajouter une autre manière de programmer, sous la forme des « Indispensables » d’un genre ou d’un courant cinématographique. Mais nous rechignions à étendre ce concept à la totalité de l’histoire du cinéma, à l’inverse d’un Jean Douchet, notre maître à tous, qui avait établi autrefois une liste des « 400 films qu’il faut avoir vus ». C’était il y a 40 ans ; aujourd’hui, il arrondirait sans doute à 500.
Nous avons gagné 40 ans en débutant en 1936, date de la création de la Cinémathèque française, et en nous limitant à deux titres par an. 180 films, donc, jamais deux fois le même cinéaste, et une première consultation de l’ensemble du personnel de la Cinémathèque française comme échantillonnage de premier choix. Ce sondage initial a bien sûr été remixé dans tous les sens, ne serait-ce qu’à cause de la règle d’un seul film par cinéaste. Mais il est intéressant de noter que les cinéastes qui figurent dans la liste finale avaient toutes et tous été cités lors de cette première salve, comme le constat de l’évidence d’un goût partagé.
Ce Top 180 se veut d’abord un jeu, une manière ludique de jongler avec nos penchants et nos souvenirs, avant d’avoir l’envie de les partager. Les listes, les classements, les tentatives de catalogage d’un corpus aussi mouvant qu’infini ne relèvent finalement que d’une enfantine pulsion de récapitulation, que l’on sait imparfaite et lacunaire d’avance, mais qui permet au moins d’acquérir quelques certitudes et de les partager.
Malgré ses manques évidents, ces dizaines de noms et ces centaines de titres qui brillent par leur absence et se remarquent comme le nez au milieu de la figure, nous sommes assez fiers de cette liste, car elle est le reflet sincère d’une certaine façon de considérer le cinéma, art du siècle. Tout en reconnaissant la nature profondément populaire et aisément partageable du cinéma, cet échantillonnage s’en laisse peu conter par le commerce et fait souvent le choix d’une certaine radicalité, peu compatible avec l’antienne stupide qui voudrait que les meilleurs films sont encore ceux qui « marchent » le mieux – ou qui sont les plus connus et les mieux répertoriés.
À côté des « tubes » et des classiques patentés, heureusement inévitables, se glissent de vraies raretés, et quantité de films à découvrir, qui passent souvent sous les radars tant leur forme et leur ton restent irréductibles. Ceux-là aussi, nous avons eu à coeur de les citer, tant ils constituent cette « marge qui fait tenir ensemble les pages du livre », comme le disait Jean-Luc Godard.
Au final, un simple divertissement qui devient, modestement mais fermement, une introduction idéale à une histoire du cinéma, la nôtre, celle de notre institution : une récapitulation de rêve pour un nouvel élan.
Frédéric Bonnaud Directeur général de la Cinémathèque française
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| LISTE DES FILMS PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE
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| Première partie
1936 Au bord de la mer bleue Boris Barnet Faisons un rêve Sacha Guitry |
1945
Détour Edgar G. Ulmer Rome, ville ouverte Roberto Rossellini |
1954
L’Intendant Sanshō Kenji Mizoguchi Johnny Guitar Nicholas Ray |
1964
Gertrud Carl Theodor Dreyer Les Parapluies de Cherbourg Jacques Demy |
1973
La Maman et la Putain Jean Eustache Scènes de la vie conjugale Ingmar Bergman |
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1937 Les Anges du boulevard Les Muzhi Yuan Gueule d’amour Jean Grémillon |
1946 La Belle et la Bête Jean Cocteau Farrebique Georges Rouquier |
1955 Nuages flottants Mikio Naruse La Nuit du chasseur Charles Laughton |
1965 Les Amours d’une blonde Miloš Forman La Chasse au lion à l’arc Jean Rouch |
1974 Martha Rainer Werner Fassbinder Une femme sous influence John Cassavetes
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| 1938
La Femme du boulanger Marcel Pagnol Vacances George Cukor |
1947
Le Narcisse noir Michael Powell, Emeric Pressburger Les Passagers de la nuit Delmer Daves
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1956
La Prisonnière du désert John Ford Un condamné a mort s’est échappé Robert Bresson |
1966
Le Deuxième Souffle Jean-Pierre Melville Falstaff Orson Welles |
1975
Barry Lyndon Stanley Kubrick Les Dents de la mer Steven Spielberg |
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1939 Espoir André Malraux La Règle du jeu Jean Renoir |
1948
Les Enfants de la ruche Hiroshi Shimizu Le Voleur de bicyclette Vittorio De Sica
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1957
Assoiffé Guru Dutt Elle et lui Leo McCarey
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1967
Playtime Jacques Tati Terre en transe Glauber Rocha |
1976
Monsieur Klein Joseph Losey Son nom de Venise dans Calcutta désert Marguerite Duras |
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1940 Le Dictateur Charles Chaplin Paradis perdu Abel Gance
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1949
Chien enragé Akira Kurosawa Le Rebelle King Vidor |
1958
Gare centrale Youssef Chahine Le Salon de musique Satyajit Ray |
1968
Break-up, érotisme et ballons rouges Marco Ferreri La Party Blake Edwards |
1977
Cet obscur objet du désir Luis Bunuel Suspiria Dario Argento |
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| 1941
Dumbo, l’éléphant volant Ben Sharpsteen, Norman Ferguson, Wilfred Jackson The Shanghai Gesture Josef von Sternberg
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1950
Le Démon des armes Joseph H. Lewis Outrage Ida Lupino |
1959
Bonjour Yasujirō Ozu Rio Bravo Howard Hawks |
1969
Le Chagrin et la Pitié Marcel Ophuls Z Costa-Gavras |
1978
Passe montagne Jean-François Stévenin Voyage au bout de l’enfer Michael Cimino |
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| 1942
La Féline Jacques Tourneur To Be Or Not to Be Ernst Lubitsch |
1951
J’ai vécu l’enfer de Corée Samuel Fuller On murmure dans la ville Joseph L. Mankiewicz |
1960
La dolce vita Federico Fellini Les Yeux sans visage Georges Franju
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1970
Il était une fois un merle chanteur Otar Iosseliani Wanda Barbara Loden |
1979
Les Moissons du ciel Terrence Malick La vengeance est à moi Shōhei Imamura |
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| 1943
Les bourreaux meurent aussi Fritz Lang Meshes of the Afternoon Maya Deren, Alexander Hammid |
1952
Casque d’or Jacques Becker Chantons sous la pluie Gene Kelly, Stanley Donen |
1961
Accattone Pier Paolo Pasolini La Fièvre dans le sang Elia Kazan |
1971
Au nom du père Marco Bellocchio La Salamandre Alain Tanner
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1980
Poto et Cabengo Jean-Pierre Gorin Simone Barbès ou la vertu Marie-Claude Treilhou
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| 1944
Assurance sur la mort Billy Wilder Ivan le Terrible Serguei M. Eisenstein
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1953
L’Appât Anthony Mann Madame de… Max Ophuls Non ou la vaine Gloire de commander Manoel de Oliveira
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1962
La Jetée Chris Marker Tempête à Washington Otto Preminger |
1972
L’Amour l’après-midi Éric Rohmer Le Parrain Francis Ford Coppola |
1981
La Femme d’à côté François Truffaut Le Pont du Nord Jacques Rivette |
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| 1982
Passion Jean-Luc Godard Travail au noir Jerzy Skolimowski |
1991
My Own Private Idaho Gus Van Sant Van Gogh Maurice Pialat |
1963
Le Guépard Luchino Visconti Les Oiseaux Alfred Hitchcock |
2008
La Frontière de l’aube Philippe Garrel Valse avec Bachir Ari Folman |
2017
Barbara Mathieu Amalric Mektoub, My Love : Canto uno Abdellatif Kechiche
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| 1983
Furyo Nagisa Ōshima Variety Bette Gordon |
1992
Bad Lieutenant Abel Ferrara Impitoyable Clint Eastwood |
2000
La Captive Chantal Akerman Yi Yi Edward Yang
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2009
Bright Star Jane Campion La Terre de la folie Luc Moullet |
2018
Burning Lee Chang-dong Spider-Man : New Generation Bob Persichetti, Peter Ramsey, Rodney Rothman
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| 1984
Amerika, rapports de classe Jean-Marie Straub, Daniele Huillet Il était une fois en Amérique Sergio Leone
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1993
L’Impasse Brian De Palma Sonatine, mélodie mortelle Takeshi Kitano |
2001
Millennium Mambo Hou Hsiao-hsien Mulholland Drive David Lynch |
2010
Mystères de Lisbonne Raoul Ruiz The Social Network David Fincher |
2019
Énorme Sophie Letourneur Once Upon a Time… in Hollywood Quentin Tarantino |
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| 1985
Sans toit ni loi Agnes Varda Shoah Claude Lanzmann |
1994
Chungking Express Wong Kar-wai Ed Wood Tim Burton |
2002
Intervention divine Elia Suleiman Le Pianiste Roman Polanski |
2011
Melancholia Lars von Trier Pater Alain Cavalier |
2020
Parasite Bong Joon-ho La Femme qui s’est enfuie Hong Sang-soo |
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1986 Maine Océan Jacques Rozier Le Sacrifice Andrei Tarkovski
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1995 Casino Martin Scorsese La Cérémonie Claude Chabrol |
2003 Va et vient Joao César Monteiro Lost in Translation Sofia Coppola |
2012 Shokuzai Kiyoshi Kurosawa Zero Dark Thirty Kathryn Bigelow |
2021 Annette Leos Carax Bad Luck Banging or Loony Porn Radu Jude
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| 1987
Gens de Dublin John Huston Yeelen (La Lumiere) Souleymane Cissé
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1996
La Promesse Luc Dardenne, Jean-Pierre Dardenne Reprise Hervé Le Roux
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2004
Moolaade Ousmane Sembene Oh! Uomo Yervant Gianikian, Angela Ricci Lucchi |
2013
L’Inconnu du lac Alain Guiraudie Le vent se lève Hayao Miyazaki |
2022
Babylon Damien Chazelle Tar Todd Field |
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| 1988
De bruit et de fureur Jean-Claude Brisseau Le Tombeau des lucioles Isao Takahata |
1997
Le Goût de la cerise Abbas Kiarostami On connaît la chanson Alain Resnais
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2005
Grizzly Man Werner Herzog Match Point Woody Allen |
2014
Arrête ou je continue Sophie Fillieres Bande de filles Céline Sciamma |
2023
L’Ete dernier Catherine Breillat Fermer les yeux Víctor Erice |
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| Deuxième partie,
à partir de décembre 1989 Attache-moi ! Pedro Almodóvar Palombella rossa Nanni Moretti
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1998
Khroustaliov, ma voiture ! Alexei Guerman Xiao Wu, artisan pickpocket Jia Zhangke
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2006
Black Book Paul Verhoeven Lady Chatterley Pascale Ferran |
2015
In Jackson Heights Frederick Wiseman |
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| Cinéma et espace, les indispensables
du 30 septembre au 19 octobre à la Cinémathèque française |
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120 ans de comptes à rebours, de pas de tir, de conquête spatiale et de voyages intersidéraux vus par Georges Méliès (Le Voyage dans la Lune), Andrei Tarkovski (Solaris), Fritz Lang (La Femme sur la Lune), Alice Winocour (Proxima), Christopher Nolan (Interstellar) et bien d’autres. Imaginée avec le CNES, l’agence spatiale française, cette rétrospective sera accompagnée par de grands noms de l’étude spatiale – astronautes, ingénieurs et scientifiques – qui apporteront chacun leur regard expert sur certains des plus grands chefs-d’oeuvre du genre : Jacques Arnould (historien des sciences et théologien), Christophe Bonnal (chercheur expert en débris spatiaux), Frédéric Courtade (responsable du GEIPAN), Claudie Haigneré (astronaute), Olivier La Marle (astrophysicien), Aurélie Moussi-Soffys (astrophysicienne), Christian Mustin (exobiologiste), Francis Rocard (astrophysicien).
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SÉANCE AVEC DIALOGUE Le Voyage dans la Lune / 2001 : l’Odyssée de l’espace, avec Claudie Haigneré ► Sa 10 oct 14h30
SÉANCES PRÉSENTÉES Le Voyage dans la Lune / 2001 : l’Odyssée de l’espace, par Jacques Arnould ► Me 30 sep 20h00 Seul sur Mars, par Francis Rocard ► Ve 02 oct 17h30 Solaris, par Eugénie Zvonkine ► Ve 02 oct 21h00 Alien, par Aurélie Moussi-Soffys ► Sa 03 oct 18h00 L’Étoffe des héros, par Christophe Bonnal ► Sa 03 oct 20h45 Ad Astra, par Gabriela Trujillo ► Di 04 oct 17h45 Moon, par Christian Mustin ► Me 07 oct 18h00 Mission to Mars, par Jacques Arnould ► Me 07 oct 20h30 Croisières sidérales, par François Angelier ► Je 08 oct 18h30 Notre siècle, par Marguerite Vappereau ► Ve 09 oct 21h00 2010 : l’année du premier contact, par Frédéric Courtade ► Sa 10 oct 21h00 Sunshine, par Olivier La Marle ► Di 11 oct 20h00 Space Cowboys, par Bernard Benoliel ► Je 15 oct 20h30 Proxima, par Alice Winocour ► Di 18 oct 18h00
POUR LE JEUNE PUBLIC Une séance spéciale et des ateliers WALL-E pour les plus de 6 ans ►Di 04 oct 15h ATELIER MONSTRES DE L’ESPACE pour les 7-9 ans ► Sa 3 oct 15h-17h Création d’un voyage intergalactique, grâce à l’animation image par image de silhouettes peintes, décors de fusées, galaxies, astéroïdes, ou impressionnants monstres de l’espace. ATELIER FRISSONS DANS L’ESPACE pour les 13-15 ans ► Sa 3 oct 15h-17h30 Filmée, éclairée et jouée par les participants, une séquence tournée dans les studios révèle recoins obscurs, ombres menaçantes et détails inquiétants, pour faire frissonner.
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| Interstellar de Christopher Nolan (2014) |
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LE CINÉMA À L’ÉPREUVE DU COSMOS
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| De la rêverie artisanale aux odyssées numériques, la conquête de l’espace au cinéma épouse l’histoire même du médium. Celle d’un regard projeté au-delà du visible, où la technique nourrit l’imaginaire autant qu’elle en dépend. Dès Le Voyage dans la Lune, en 1902, Georges Méliès ne filme pas tant la Lune qu’il ne met en scène le pouvoir du cinéma lui-même, celui de fabriquer du merveilleux. Le projectile planté dans l’oeil lunaire reste une image matricielle, à la fois naïve et visionnaire, qui fonde une tradition où l’espace est moins un territoire scientifique qu’un théâtre de métamorphoses
. Avec l’avènement du parlant et des effets spéciaux modernes, le genre gagne en ampleur sans perdre sa dimension spéculative. Things to Come (1936) ou Destination Moon (1950) témoignent d’un basculement : l’espace devient un horizon crédible, nourri par les progrès scientifiques et les tensions géopolitiques. La Guerre froide irrigue ainsi une partie de cette production, où la conquête spatiale se fait métaphore de domination idéologique, opposant blocs et visions du futur dans une course où la technologie devient récit.
Si la production américaine domine l’imaginaire collectif, elle occulte souvent une cinématographie soviétique également féconde. Dès 1924, Aelita, de Yakov Protazanov, pose les bases d’une science-fiction spatiale teintée de propagande révolutionnaire : la conquête de Mars y devient métaphore d’émancipation prolétarienne. Plus tard, La Nébuleuse d’Andromède (1967) ou d’autres productions soviétiques prolongent cette vision d’un espace collectif, débarrassé des ambitions individualistes. Face au cowboy spatial américain, le cosmonaute soviétique incarne une autre utopie, celle d’un progrès partagé, au service de l’humanité tout entière. Deux visions du futur, deux grammaires cinématographiques, pour un même ciel.
C’est dans ce contexte de rivalité idéologique et de fascination croissante pour l’infini que Stanley Kubrick, en 1968, porte le cinéma spatial à une forme de vertige philosophique. Avec 2001 : l’Odyssée de l’espace, élaboré en collaboration avec Arthur C. Clarke, il propose une oeuvre où la précision scientifique se conjugue à une méditation métaphysique sur l’évolution, l’intelligence et l’infini. Le silence, la lenteur, la rigueur des images redéfinissent les codes du genre : l’espace n’est plus seulement un décor, mais une expérience sensorielle et existentielle. L’ellipse célèbre reliant l’os préhistorique au vaisseau spatial condense à elle seule l’histoire de l’humanité et inscrit la conquête spatiale dans une continuité vertigineuse.
En 1977, La Guerre des étoiles, de George Lucas, opère une rupture décisive et paradoxale. Le space opera est né. Alors que la conquête spatiale réelle marque le pas après l’euphorie d’Apollo, George Lucas détourne l’espace de toute ambition scientifique pour en faire le théâtre d’une mythologie archaïque : chevaliers, empires, quêtes initiatiques… des éléments largement hérités du cinéma de samouraïs d’Akira Kurosawa, dont il revendiquait l’influence, notamment celle de La Forteresse cachée (1958). Ce faisant, il dépolitise radicalement le genre, au lendemain du Vietnam et du Watergate, substituant au vertige existentiel une grammaire du divertissement spectaculaire. L’espace cesse d’être un horizon à conquérir pour devenir un décor à habiter, fascinant, mais désormais familier. C’est précisément contre cet héritage que les oeuvres les plus exigeantes du genre continueront de se définir. Deux films, presque contemporains l’un de l’autre, illustrent cette résistance avec éclat. En 1972, Solaris, d’Andreï Tarkovski, fait de l’exploration spatiale une plongée dans l’intériorité : la planète pensante y agit comme un miroir des souvenirs et des culpabilités, faisant de l’espace un territoire mental, presque mystique, où la science se heurte à l’inconnaissable. Deux ans plus tard, Dark Star, de John Carpenter, injecte une ironie désenchantée dans le récit spatial avec sa « dose » de pop culture. Loin des héros conquérants, ses astronautes errent dans un quotidien absurde, révélant l’envers du mythe : l’espace comme prolongement des dérives humaines.
Le cinéma américain des années 1990 et 2000 réhabilite quant à lui une forme de réalisme héroïque. Dans Apollo 13, de Ron Howard, la conquête spatiale retrouve sa dimension historique et collective : celle d’une aventure humaine fondée sur la solidarité, l’ingéniosité et la maîtrise technique. Quelques années plus tard, Interstellar, de Christopher Nolan, prolonge l’héritage kubrickien en y injectant une émotion nouvelle. Le voyage interstellaire devient une quête intime, où les lois de la physique – trous noirs, relativité – se mêlent à une réflexion sur le temps, la filiation et la survivance de l’espèce. Gravity, d’Alfonso Cuarón (2013), renoue avec une forme d’immersion sensorielle totale, rendue possible par les avancées numériques. L’espace y est à la fois sublime et hostile, théâtre d’une lutte pour la survie qui redonne au corps une centralité souvent négligée.
Cette question du corps, et plus précisément du corps féminin, traverse plusieurs décennies de cinéma spatial. Longtemps reléguée au rang de faire-valoir ou de figure en détresse, la femme astronaute conquiert progressivement une centralité narrative. Ryan Stone, devant la caméra du réalisateur mexicain, ne survit pas grâce à une technologie surpuissante. Elle s’en sort par une force intime, viscérale, et sa trajectoire ressemble moins à une mission qu’à une renaissance. Proxima, d’Alice Winocour (2019), radicalise ce déplacement avec Eva Green qui incarne une femme tiraillée entre vocation et maternité, rappelant que chaque départ vers les étoiles laisse des attaches terrestres, des deuils silencieux, et révèle les sacrifices invisibles derrière l’exploit.
Ainsi, de Méliès à nos jours, le cinéma n’a cessé de réinventer l’espace, oscillant entre fascination technologique et questionnement existentiel, philosophique. Chaque époque y projette ses espoirs, ses peurs, ses fantasmes. Loin d’être un simple décor, l’espace devient un révélateur de notre rapport au progrès, à l’altérité et, peut-être, en dernier ressort, à nous-mêmes. À mesure que l’horizon réel de la conquête spatiale se rapproche – sondes, stations orbitales, projets martiens –, le cinéma, lui, continue d’ouvrir des espaces intérieurs, rappelant que le véritable voyage reste peut-être celui de la conscience.
Stéphane Benaïm
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