Eva Marie Saint nous a quittés RIP

Eva Marie Saint

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Eva Marie Saint, née le à Newark (New Jersey) et morte le à Los Angeles (Californie), est une actrice américaine.

Au cours de sa carrière, elle reçoit un Oscar et un Primetime Emmy Award, et elle est nommée pour un Golden Globe. Son parcours cinématographique s’est déroulé sur plus de soixante-dix ans, avec de nombreux succès. Elle s’est illustrée aussi au théâtre, à Broadway (New York), à Los Angeles, à Washington comme dans des petites villes américaines. Elle est remarquée également à la télévision et obtient, dès 1990, son premier Emmy Award, pour la série People Like Us, sur NBC.

Diplômée de l’université d’État de Bowling Green, elle débute à la fin des années 1940 à la radio et à la télévision. Elle fait ses débuts au cinéma en 1954 dans Sur les quais d’Elia Kazan, aux côtés de Marlon Brando. Le film remporte huit Oscars, dont celui du meilleur film, et lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Elle poursuit sa carrière avec L’Arbre de vie (1957), face à Montgomery Clift et Elizabeth Taylor, ainsi que Une poignée de neige (1957) de Fred Zinnemann, qui lui vaut une nomination au Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique. En 1959, elle incarne Eve Kendall dans La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock, aux côtés de Cary Grant. Dans les années 1960, elle joue dans Exodus (1960) avec Paul Newman ou Grand Prix (1966) de John Frankenheimer. En 2014, l’actrice participe encore au tournage d’Un amour d’hiver adapté du roman de Mark Helprin.

Biographie

Origines

Eva Marie Saint naît le [1], près de Newark (côte est des États-Unis)[2], de parents quakers : Eva Marie (née Rice) et John Merle Saint, elle grandit à Delmar (en), dans le comté d’Albany (État de New York)[3].

Études et débuts

Après avoir envisagé une carrière dans l’enseignement, elle est amenée à pratiquer l’art dramatique en amateur pendant ses études universitaires. Cette expérience marquante va réorienter sa vie, mais elle n’en poursuit pas moins ses études et obtient un baccalauréat universitaire (licence) de littérature. Peu après, elle déménage à New York, fait quelques prestations à la radio et, en 1946, interprète un premier rôle dans un téléfilm.

À cette époque, ses activités touchent aussi la radio, la publicité et le mannequinat. C’est en 1950 qu’elle s’inscrit à l’Actors Studio[4], l’école d’art dramatique fondée par Elia Kazan, Robert Lewis et Cheryl Crawford. Elle y rencontre entre autres Karl Malden, Rod Steiger et Julie Harris.

En 1953, elle est engagée par un théâtre de Broadway pour jouer dans une pièce de Horton Foot (Mémoires du Texas) dont elle partage l’affiche avec des partenaires aussi brillantes que Lillian Gish et Jo Van Fleet, et remporte dans la foulée le Drama Critics Award. Elia Kazan, qui travaille au casting de Sur les quais, lui propose le rôle de Edie Doyle ; après un essai avec Marlon Brando, elle tourne son premier film, qui est maintenant un classique du 7e art[5]. Pour couronner ses débuts, elle est récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle[5].

Même après ce premier triomphe au cinéma, elle demeure active à la télévision, où elle s’illustre dans des productions de prestige : en 1955, elle est nommée pour son premier Emmy pour son interprétation de la jeune maîtresse d’E. G. Marshall dans Middle of the Night de Paddy Chayefsky. Elle est ensuite nommée une nouvelle fois aux Emmy Awards pour l’adaptation musicale de la télévision de Our Town de Thornton Wilder avec en co-stars Paul Newman et Frank Sinatra. Son succès et sa renommée dans les productions de télévision étaient d’un niveau si élevé qu’ils lui valurent le surnom de « Helen Hayes de la télévision »[6].

Carrière

Après ce premier succès, Eva Marie Saint tourne treize films entre 1956 et 1972, jouant sous la direction de grands réalisateurs, donnant la réplique à des comédiens reconnus d’Hollywood, s’impliquant dans différents genres comme la comédie, le mélodrame et le film d’action.

Ainsi en 1956, elle tourne la comédie Si j’épousais ma femme, de Melvin Frank et Norman Panama, avec comme partenaires Bob Hope et George Sanders. L’année suivante, on la retrouve dans L’Arbre de vie, un drame romantique d’Edward Dmytryk se déroulant durant la guerre de Sécession. Face à Montgomery Clift, Marie Saint est la rivale malheureuse d’Elizabeth Taylor. Cette même année, elle travaille avec Fred Zinnemann pour un drame traitant du problème de la toxicomanie : Une poignée de neige avec les jeunes premiers Don Murray et Anthony Franciosa. Sa participation à ce film lui vaut une nomination au Golden Globe.

En 1959, elle rencontre Alfred Hitchcock, qui lui offre un rôle assez atypique pour elle mais « à sa mesure »[5]. Face à Cary Grant, elle incarne « une séductrice espionne […] à l’ambiguïté troublante »[5], l’énigmatique Eve Kendall dans La Mort aux trousses[2], un récit d’espionnage qui deviendra un des films les plus célèbres tant d’Hitchcock que de l’actrice. « C’était si agréable de jouer une espionne sexy ! Une libération ! Je ne sais pas ce que Hitchcock a vu en moi, mais il soutenait que j’étais née pour jouer Eve Kendall »[2]. Puis c’est la fresque historique et engagée Exodus, d’Otto Preminger, un film décrivant, de manière romancée, la création de l’État d’Israël[5]. Elle y tient le rôle d’une jeune infirmière américaine. Sur le tournage, elle retrouve Paul Newman.

Dans L’Ange de la violence (All Fall Down) de John Frankenheimer en 1961, au registre dramatique encore, elle est l’objet du désir de deux frères, interprétés par Warren Beatty (dans son troisième film) et Brandon deWilde. Karl Malden, qu’elle connaît depuis son passage à l’Actors Studio, y tient le rôle du père. 1965 voit la sortie de deux films : 36 heures avant le débarquement de George Seaton, un film d’espionnage dont James Garner tient la vedette avec elle, et Le Chevalier des sables de Vincente Minnelli, un drame passionnel, dans lequel elle retrouve Elizabeth Taylor, dont elle est, une fois encore, la rivale malheureuse[5]. Elle y joue aux côtés de Richard Burton et Charles Bronson.

Deux nouveaux films en 1966, Les Russes arrivent, une comédie de Norman Jewison, et Grand Prix de John Frankenheimer, une peinture du milieu de la course automobile, au générique duquel on voit notamment Yves Montand, Toshirō Mifune, James Garner et Geneviève Page. Par la suite, L’Homme sauvage (1968), un western de Robert Mulligan où son partenaire est Gregory Peck, lui offre un de ses rôles les plus intéressants, celui d’une jeune mère pourchassée par la folie meurtrière du père indien de son enfant[5].

Deux ans plus tard, elle est à l’affiche de Loving, avec George Segal, un drame d’Irvin Kershner et en 1972, Cancel my reservation une comédie de Paul Bogart, avec Bob Hope, Ralph Bellamy et Forrest Tucker. Ce film met fin à la partie la plus importante de sa carrière au cinéma. Durant son absence du grand écran, elle a beaucoup travaillé pour le théâtre et la télévision. Sur le petit écran, elle apparait dans le feuilleton La Conquête de l’Ouest[2] aux côtés de James Arness et Bruce Boxleitner (1977), avec une nomination à l’Emmy) et le téléfilm Taxi!! avec Martin Sheen (1978, autre nomination à l’Emmy), côtoyant dans d’autres productions Jason Robards, Joanne Woodward, Raymond Burr, Jennifer Jason Leigh, Patricia Neal, l’ami Malden, George C. Scott dans Les Derniers Jours de Patton en 1986, Burt Lancaster, Ben Gazzara… À la même époque elle incarne de façon régulière la mère de Cybill Shepherd dans la série Clair de lune.

Eva Marie Saint en 1990.

La star est apparue dans de nombreuses pièces montées à Broadway, au Kennedy Center à Washington et à Los Angeles. En 1986, sa performance dans The Country Girl lui vaut un Drama-Logue Award. Ses trois dernières interprétations sur les planches — The Country Girl, On the Divide en 2009, Love Letters en 2011 — ont été produites et dirigées par son mari Jeffrey Hayden, qui tient le rôle masculin dans la dernière pièce — tandis que Saint gagne un Academy Award pour sa part.

Elle revient épisodiquement sur les plateaux de cinéma à partir de 1986 (Rien en commun de Garry Marshall avec Tom Hanks), notamment en 2005 où elle interprète la mère adoptive de Superman dans Superman Returns de Bryan Singer et la mère de Sam Shepard dans Don’t Come Knocking de Wim Wenders ; celui-ci a raconté durant la promotion du film la concurrence énorme pour le rôle obtenu par Saint, le cinéma américain étant très avare de rôles pour les actrices de cet âge. En 2014, l’actrice participe à Un amour d’hiver adapté du roman de Mark Helprin, au générique duquel figurent également Colin Farrell, Russell Crowe et Will Smith.

Vie personnelle

Eva Marie Saint épouse en 1951 le producteur et réalisateur Jeffrey Hayden avec lequel elle reste mariée pendant 65 ans jusqu’à la mort de celui-ci[7] en 2016. Ils ont un fils et une fille ainsi que quatre petits-enfants.

Mort

Eva Marie Saint meurt à Los Angeles le à l’âge de 102 ans[8],[9] de causes naturelles.

Plusieurs médias et personnalités lui rendent hommage, la qualifiant d’inoubliable héroïne de La Mort aux trousses[9], jugeant aussi que le cinéma perd l’une des dernières actrices de « l’âge d’or hollywoodien »[10],[11],[12].

Distinctions

Honneurs

Nomination

Décoration

Filmographie

Cinéma

Télévision

Voix françaises

Notes et références

  1. (en) « Eva Marie Saint | Biography & Facts [archive] », sur Encyclopedia Britannica (consulté le ).
  2. « Eva Marie Saint, actrice qui a marqué le cinéma hollywoodien des années 1950, est morte à l’âge de 102 ans [archive] », Le Monde,
  3. (en-US) « Saint, Eva Marie (1924—) [archive] », sur encyclopedia.com (consulté le ).
  4. « La star de La mort aux trousses est décédée [archive] », sur Le Matin,
  5. Jean-Loup Passek, Dictionnaire du cinéma, Larousse, Paris, 1995 ; voir sur gallica.bnf.fr. [archive]
  6. (en) « Eva Marie Saint [archive] », sur Hollywood Walk of fame
  7. Jerome Vermelin, « Marie Saint s’est éteinte à l’âge de 102 ans [archive] », sur TF1 Info,
  8. (en-GB) Greg Whitmore, « Eva Marie Saint – a life in pictures », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne [archive], consulté le ).
  9. Edouard Pflimlin, « Eva Marie Saint, actrice américaine, héroïne de « La Mort aux trousses » d’Hitchcock, est morte à l’âge de 102 ans », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne [archive], consulté le ).
  10. Bruno Icher, « Disparition : Mort d’Eva Marie Saint à 102 ans, star inoubliable de «la Mort aux trousses» [archive] », sur Libération,
  11. Carine Azzopardi, « Eva Marie Saint, l’une des dernières actrices de l’âge d’or hollywoodien, star de « La Mort aux trousses », est décédée à 102 ans [archive] », sur France Info,
  12. Jordane Guignon, « Eva Marie Saint, actrice iconique de l’âge d’or d’Hollywood, est morte à l’âge de 102 ans [archive] », sur Grazia,
  13. « Outstanding Lead Actress In A Limited Series [archive] », sur Television Academy Emmys

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

 

 

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